Visite du musée

Dans les deux premières salles du bâtiment
A ont été rassemblées des maquettes reproduisant les
expériences fondamentales d’électromagnétisme qu’avaient
réalisées AMPÈRE et certains physiciens de son temps.
Le public peut les mettre en fonctionnement et ainsi s’initier par l’expérience
aux lois de l’électromagnétisme. Dans la première
salle, deux vitrines contenant l’une des spectres magnétiques d’aimants
et l’autre l’expérience d’OERSTED font le point des connaissances
acquises avant qu’AMPÈRE commence ses travaux. Toutefois, dès
la seconde vitrine, ceux-ci sont évoqués puisqu’y figure
l’observateur d’AMPÈRE. Sont ensuite présentées l’action
d’un aimant sur un courant mobile et l’action mutuelle de deux courants.

La seconde salle contient des maquettes illustrant
des expériences qui conduisent progressivement des lois fondamentales
de l’électromagnétisme à leurs applications. Y figurent
tout d’abord l’action du champ magnétique terrestre sur un solénoïde
en parallèle à son action sur une aiguille aimantée
et une expérience montrant l’identité des effets magnétiques
produits par les solénoïdes et les aimants. Un télégraphe
électrique construit d’après une idée d’AMPÈRE
mais qui, faute de moyens techniques appropriés, n’avait pu être
réalisé par le savant, l’électro-aimant auquel sont
attachés les deux noms d’ARAGO et d’AMPÈRE, et une roue de
BARLOW qui constitue le premier moteur électrique rotatif indiquent
les voies dans lesquelles va s’engager la technique en s’appuyant sur les
travaux initiés par AMPÈRE afin de mettre l’électricité
au service de l’homme. Deux autres expériences installées
dans cette salle mettent en évidence les mouvements de rotation
que peuvent produire les forces électromagnétiques.
Dans l’une réalisée par FARADAY
et interprétée par AMPÈRE, une spire circulaire dans
laquelle le courant se partage entre les deux moitiés tourne dans
le champ magnétique créé par un pôle d’aimant

Au centre de la salle sont disposées deux tables d’expériences. La première provenant de l’Université de Genève contient des appareils qu’avaient utilisés dans cette ville le physicien genevois de la Rive et Ampère lui-même. La seconde est une copie de celle ayant servi à Ampère pour illustrer ses cours au collège de France qui se trouve au Deutches Muséum de Munich. On constate la présence sur cet appareillage de contacts au mercure employés ensuite pendant des décennies dont Ampère a été le premier utilisateur.
La troisième salle de l’étage dite
"salle des trois Ampère" est consacrée
à André-Marie Ampère (1775-1836) ainsi qu’à
son père Jean-Jacques (1733-1793) et à son fils Jean-Jacques-Antoine
(1800-1864). Sont exposés notamment des portraits, livres et manuscrits

La salle suivante affectée aux grandes commémorations contient entre autres les panneaux rappelant les cérémonies qui marquèrent le centenaire de la mort d’Ampère et la maquette de la statue du savant due à Testor qui a été érigée à Lyon, place Ampère.
Les autres salles du Musée (trois salles
du bâtiment A et celles du bâtiment B) sont consacrées



L’histoire de l’électrostatique se poursuit dans la salle suivante qui contient notamment une machine de Wimshurst animée, la machine de Carré par frottement et influence, une petite machine de Van de Graaf fournissant une tension de 50 000 V et la machine hydroélectrique d’Armstrong dans laquelle étaient recueillies par un peigne les charges électriques créées sur les gouttelettes d’eau transportées par un jet de vapeur humide passant au travers d’un ajutage en bois dur.
En regard sont exposés les appareils destinés
à transformer l’énergie chimique en énergie électrique,
piles et accumulateurs,

La visite du bâtiment B du Musée Ampère débute dans la salle du rez-de-chaussée par la mise en fonctionnement de deux expériences : l’une qu’avait conçue Ampère en 1823 pour savoir si les courants particulaires dont il imaginait l’existence dans la matière aimantée préexistaient et étaient orientés dans une direction privilégiée lors de l’aimantation ou s’ils étaient créés au moment où se produisait cette dernière ; l’autre, l’expérience classique de Faraday par laquelle il avait mis en évidence l’induction électromagnétique qui comporte un anneau de fer doux pourvu de deux enroulements séparés ; l’introduction ou la suppression du courant dans le premier produit par induction la création d’un courant de courte durée dans le second.

Une fois les phénomènes d’électromagnétisme
et d’induction présentés au visiteur du Musée Ampère,
celui-ci est en mesure de s’initier à la technique et au fonctionnement
des machines électriques (génératrices et moteurs)
qui sont exposées dans cette salle ainsi que dans la suivante.
La machine de Pixii
qui fut fabriquée en 1832 par le constructeur
d’appareils de physique Pixii sur les indications d’Ampère comporte
un inducteur constitué d’un aimant en fer à cheval que l’on
peut faire tourner devant un bobinage. Un ingénieux commutateur
inventé par Ampère permet d’obtenir dans un circuit extérieur
un courant toujours de même sens. Des génératrices
à induit tournant (Clarke), ayant la forme d’une navette pour réduire
l’entrefer et accroître le flux inducteur (Siemens), à
inducteur constitué d’un électro-aimant (Wilde)


Une très grande pièce située
au second étage du bâtiment B est réservée à
l’instrumentation électrique et aux courants faibles. On peut y

Plusieurs vitrines de la salle contiennent des
appareils télégraphiques et téléphoniques,
ainsi que du matériel de

La dernière salle d’exposition du Musée
est affectée à la lumière électrique. Comme
l’initiateur en est Humphrey Davy qui en 1813 réalisa un arc électrique
entre deux charbons, deux exemplaires d’arc utilisé industriellement
sont présentés. On sait que l’éclairage électrique
s’est définitivement imposé avec la lampe à incandescence
à la suite des travaux d’Edison et de Swann. Aussi figurent dans
les vitrines de nombreuses lampes à filament
de carbone telles que celle ayant servi à éclairer la
place des Terreaux de Lyon en 1889 ou des lampes étalon, et des

Après la visite du Musée, le public est invité à visionner dans une salle installée dans le bâtiment B un film sur la vie et l’œuvre d’Ampère.
Ainsi qu’on le voit, le Musée de Poleymieux est à la fois un musée historique et didactique. Ayant pour origine l’existence d’un grand savant qui vécut dans ses murs, A.M. Ampère, il privilégie très justement son œuvre, une œuvre exceptionnelle, que l’on a cherché à insérer dans la succession des découvertes qui jalonnent l’histoire de l’électricité et dont on a voulu faire apparaître les prémisses et mettre en valeur l’importance en montrant tout ce que lui doivent la science et la civilisation d’aujourd’hui.

Simultanément, le Musée Ampère a pour objectif d’apprendre au visiteur comment une science, celle de l’électricité, s’est constituée et développée au cours du temps. Il fait comprendre, aux jeunes en particulier, par les matériels de différents âges qu’il expose, qu’une science se construit lentement et progressivement, avec des échecs souvent, contrairement à ce que ces jeunes pourraient croire à la lecture des manuels scolaires mis à leur disposition qui ne présentent fréquemment qu’une science toute faite, telle qu’elle est aujourd’Hui. Leurs professeurs n’ont guère le temps de leur enseigner l’histoire des sciences, aussi est-ce le rôle du Musée que de compléter l’enseignement donné à l’école et de mettre en évidence les efforts qu’ont dû déployer les hommes dans l’élaboration du savoir. Il fait ainsi connaître les noms de ceux qui tout en apportant une utile contribution dans le développement de la science sont restés quasi ignorés en même temps qu’il rappelle l’œuvre des savants qui ont acquis la célébrité.
Les scolaires et les étudiants tireront donc un grand profit de la visite du Musée Ampère. Mais tout public cherchant à enrichir ses connaissances et à étendre sa culture trouvera un intérêt certain à parcourir ses salles et à découvrir et examiner le matériel qui y est exposé, tout au moins s’il possède les notions élémentaires d’électricité qu’un "honnête homme" se doit d’avoir acquises. Enfin, la présence au Musée d’appareils anciens et rares que l’on ne voit guère ailleurs sera particulièrement appréciée du spécialiste et de l’amateur de l’histoire de la science électricité.